Le même lobbyiste pour Haïti et le Guyana : un contrat stratégique dans un contexte géopolitique tendu

Le même jour où un contrat de lobbying a été signé entre le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aime, et une firme de lobbyistes américaine, ce même lobbyiste a également conclu un accord similaire avec le Guyana, un petit État anglophone du nord de l’Amérique du Sud, qui se trouve au cœur d’une confrontation diplomatique avec le Venezuela. Au centre de cette dispute : l’Essequibo, une région riche en pétrole que les deux pays se disputent.
Les autorités du Guyana ont justifié ce contrat par le contexte géopolitique actuel, soulignant l’importance de maintenir une relation favorable avec les États-Unis. Le vice-président du Guyana, Bharrat Jagdeo a déclaré lors d’une conférence de presse : « Depuis longtemps, nous bénéficions d’un traitement de faveur de la part des États-Unis et nous espérons que cela ne changera pas. » Le Guyana cherche ainsi à garantir que Washington poursuivra son soutien dans le conflit avec le Venezuela, un soutien stratégique lié aux intérêts commerciaux et à la stabilité de la région.
Le recours à un lobbyiste par le Guyana apparaît comme une démarche claire et assumée pour préserver ses relations avec les États-Unis, un choix qui contraste avec l’attitude des autorités haïtiennes, qui n’ont pas communiqué publiquement sur leur contrat avec le même lobbyiste. Cette différence d’approche souligne l’asymétrie dans la gestion des relations internationales des deux pays, alors que le Guyana cherche à jouer sur la scène géopolitique, tandis qu’Haïti reste plus discret sur ses démarches.
Le Miami Herald souligne ainsi les enjeux derrière ces contrats de lobbying, notamment dans un contexte où les intérêts stratégiques et économiques des États-Unis en Amérique latine et dans les Caraïbes sont plus que jamais au cœur des préoccupations.