Haïti : Instabilité politique et violence grandissante, le Conseil Présidentiel de Transition dans l’œil du cyclone

Le climat politique en Haïti, déjà fragile, devient de plus en plus tendu alors que le pays est en proie à une crise profonde marquée par l’intensification des activités des gangs armés. Dans ce contexte difficile, le Conseil Présidentiel de Transition (CTP) d’Haïti semble se retrouver sous une pression croissante, et plusieurs événements récents viennent aggraver la situation.
Un jeu de chaises musicales au CTP
Le CTP d’Haïti, composé de neuf membres, a récemment connu un changement important au niveau de la présidence. Jusqu’à récemment, Edgard Leblanc Fils occupait ce poste. Il a été un acteur clé dans la gestion des affaires du pays, mais il a dû céder sa place à Lesly Voltaire, qui, à son tour, s’apprête à passer le relais à Fritz Jean, le vendredi 7 mars prochain.
Les membres actuels du CTP, qui prennent des décisions essentielles pour la gouvernance du pays, sont :
- Edgard Leblanc Fils (ancien président)
- Smith Augustin
- Louis Gérald Gilles
- Fritz Jean (futur président du CTP)
- Laurent St-Cyr
- Emmanuel Vertilaire
- Lesly Voltaire (président sortant)
- Régine Abraham
- Frinel Joseph
Ce changement à la tête du CTP soulève des questions quant à la stabilité du gouvernement haïtien, d’autant plus que des tensions politiques internes compliquent la gestion des crises sociales et économiques auxquelles le pays est confronté.
Une Haïti gangrenée par les gangs
En parallèle de ces changements politiques, Haïti se trouve toujours en proie à une violence croissante. Les gangs armés, qui contrôlent de vastes territoires du pays, terrorisent la population. Ces groupes criminels ont non seulement étendu leur emprise sur les quartiers urbains, mais aussi sur les zones rurales, plongeant ainsi le pays dans un chaos quasi permanent.
La capitale, Port-au-Prince, et notamment les communes de Delmas, Petion-ville, sont devenus des zones de guerre. La population haïtienne, prise en otage par ces groupes armés, vit dans une peur constante. Le quotidien des Haïtiens est marqué par des extorsions et des massacres, tandis que les autorités peinent à reprendre le contrôle.
Opération des forces de l’ordre contre Jimmy Cherisier, alias Barbecue
Dans ce contexte de violence croissante, les forces de l’ordre haïtiennes ont lancé une opération importante le samedi 1er mars 2025, dans le bas de Delmas, plus precisement a Delmas 6, un bastion du gang dirigé par l’ancien policier Jimmy Cherisier, alias Barbecue. Ce dernier, ancien membre des forces de sécurité, est l’un des chefs de gang les plus redoutés du pays.
L’opération a été lancée pour tenter de déloger les membres de son groupe criminel et d’empêcher la poursuite de la domination des gangs sur la région, la situation reste préoccupante. Les gangs continuent d’exercer une pression immense sur le gouvernement et les forces de sécurité, et la récupération des territoires perdus par l’État semble une tâche colossale.
Un avenir incertain
L’instabilité politique et la violence des gangs montrent à quel point Haïti traverse une période critique. La transition à la tête du CTP, avec l’arrivée prochaine de Fritz Jean à la présidence, pourrait-elle marquer un tournant pour le pays ? Dans un contexte où les forces de l’ordre luttent contre des gangs qui s’imposent de plus en plus comme de véritables pouvoirs parallèles, il semble que le défi sera de taille.
Les Haïtiens attendent des actions concrètes et une gouvernance plus efficace pour lutter contre la violence et restaurer l’ordre. Mais dans un pays où la politique est souvent marquée par des luttes intestines et où l’intervention des gangs dans la vie quotidienne est omniprésente, l’espoir semble mince.
Alors que la situation empire, il devient de plus en plus difficile de voir une issue favorable. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, mais seul un changement radical dans la gouvernance et une stratégie de sécurité plus solide pourraient redonner une chance à Haïti de sortir de l’impasse actuelle.
L’avenir de Haïti dépendra donc des choix politiques qui seront faits dans les semaines et mois à venir, alors que les Haïtiens continuent de subir les conséquences d’une violence qui ne cesse d’accroître son emprise sur leur quotidien.