Des complots cubains contre Duvalier et Castro : La République dominicaine au cœur des opérations secrètes

La République dominicaine a été un centre névralgique pour plusieurs complots destinés à renverser les régimes de François Duvalier en Haïti et de Fidel Castro à Cuba, selon des documents récemment déclassifiés par l’administration du président américain Donald Trump. Ces révélations mettent en lumière l’implication de groupes armés dirigés par des Cubains, qui ont utilisé le pays voisin comme base pour planifier et coordonner leurs actions.
Dès la fin des années 1950, après la chute du dictateur cubain Fulgencio Batista et l’ascension de Fidel Castro, des militants anti-Castro et des opposants au régime de Duvalier se sont réunis en République dominicaine pour organiser des invasions et des actes de sabotage. Parmi les acteurs clés de ces complots figure Antonio Rodríguez Echazábal, un Cubain qui a vécu en Haïti pendant 18 ans. Selon les documents, Echazábal a joué un rôle crucial en soutenant les groupes armés cubains cherchant à renverser Duvalier. En 1959, un groupe de Cubains a envahi Haïti, un acte considéré comme un prélude à une invasion de la République dominicaine. Bien que cette incursion ait échoué, elle a conduit à l’expulsion d’Echazábal, que le gouvernement haïtien a accusé d’avoir orchestré l’attaque.
Parallèlement, d’autres documents déclassifiés font état de conversations entre William Pawley, un homme d’affaires et diplomate américain bien implanté en République dominicaine, et des membres d’un groupe anti-Castro. Ces échanges évoquent des plans de sabotage des récoltes de sucre à Cuba, dans le but de nuire à l’économie cubaine et affaiblir le gouvernement de Castro. Les contacts avec le général José Eleuterio Pedraza, leader des groupes révolutionnaires cubains en République dominicaine, révèlent également des projets de sabotage à grande échelle contre le régime castriste.
Un autre nom revient fréquemment dans les documents : Rolando Arcadio Masferrer, un exilé cubain et financier d’opérations paramilitaires contre Castro. Masferrer, qui entretenait des liens étroits avec le consul dominicain Carlos Peguero Guerrero, a proposé ses “biens cubains” pour financer des actions contre le gouvernement du Triumvirat en République dominicaine. En 1965, un rapport mentionne que Masferrer était en contact avec le général haïtien Léon Cantave pour organiser une invasion d’Haïti depuis la République dominicaine.
Ces documents révèlent l’ampleur de l’implication de la République dominicaine dans les opérations clandestines menées par les exilés cubains et leurs alliés contre les régimes de Duvalier et Castro. Un témoignage de l’intensité de la guerre froide dans la région des Caraïbes, où les intrigues politiques et militaires se mêlaient à des enjeux géopolitiques majeurs.