Haïti : Artur Romeu de Reporters Sans Frontières condamne l’incendie de RTVC, un nouveau coup porté à la liberté de la presse

Un incendie criminel a ravagé les locaux de la Radio Télévision Caraïbes (RTVC), un des principaux médias haïtiens. Cette attaque a provoqué une onde de choc dans le pays, ravivant les inquiétudes concernant la liberté de la presse en Haïti, déjà sérieusement menacée par la violence des gangs armés. Artur Romeu, Directeur du bureau Amérique latine de Reporters Sans Frontières (RSF), a réagi fermement en qualifiant cet acte de “tentative supplémentaire de museler la presse haïtienne par la terreur et la destruction.”
Depuis plusieurs années, Haïti est confronté à une crise de sécurité aiguë, exacerbée par la montée en puissance des gangs armés qui sévissent dans de nombreuses régions du pays. Les journalistes et les médias sont de plus en plus pris pour cible, subissant des violences physiques, des menaces de mort, des kidnappings et, dans certains cas, l’exil forcé. L’incendie de la RTVC s’inscrit dans cette dynamique inquiétante, où les professionnels des médias sont devenus des victimes privilégiées de groupes criminels cherchant à étouffer toute voix dissidente ou informative.
Une presse muselée par la terreur
“Cet incendie criminel est un message clair : les gangs ne veulent pas que la presse haïtienne puisse informer librement la population”, a souligné Artur Romeu. Il dénonce le climat de terreur qui paralyse les journalistes dans l’exercice de leur métier. Pour Romeu, les autorités haïtiennes doivent agir de toute urgence pour garantir la sécurité des journalistes et des médias, mais aussi pour mener une enquête approfondie sur cette attaque et sanctionner les responsables. “L’impunité persistante alimente le risque croissant d’un black-out médiatique sur certaines zones du pays devenues de plus en plus inaccessibles”, a-t-il ajouté.
Le rôle des médias en Haïti est crucial, notamment pour informer la population sur la situation sociale, politique et sécuritaire. Or, la persécution des journalistes et les attaques contre les organes de presse compromettent gravement le droit de la population à l’information. Des zones entières du pays, notamment dans les quartiers sous contrôle des gangs, sont désormais coupées du monde médiatique, laissant les habitants sans aucune source d’information fiable.
Un appel à l’action urgente
Reporters Sans Frontières et d’autres organisations de défense de la liberté de la presse appellent les autorités haïtiennes à prendre des mesures immédiates pour endiguer cette dérive inquiétante. “L’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes doit cesser”, affirme Romeu. En effet, plusieurs journalistes ont déjà été tués ou contraints de fuir le pays ces dernières années, tandis que d’autres vivent dans la peur constante.
La communauté internationale, en particulier les organisations de défense des droits humains, a également été interpellée à travers ce drame. Les appels à l’action se multiplient, incitant les autorités à protéger la presse comme un pilier essentiel de la démocratie et de la liberté d’expression.
En attendant des réponses concrètes des autorités, la question qui se pose reste la même : jusqu’où la presse haïtienne devra-t-elle encore souffrir pour exercer sa mission d’informer dans un climat de violence et d’intimidation ?
La situation de la presse en Haïti reste précaire, et la presse libre, indispensable au bon fonctionnement de la société, est en danger tant que la violence des gangs et l’impunité continueront de faire loi. La population haïtienne mérite de pouvoir compter sur des médias indépendants et sécurisés pour garantir son droit à l’information, essentiel à la démocratie et à la liberté d’expression.